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« J’ai participé à l’Assemblée des assemblées » -par Patrick Farbiaz

 Patrick Farbiaz, mlitant écologiste, membre de l’assemblée des Gilets Jaunes du 20ème sud (Paris), s’exprime à titre personnel (1)

 

 

Les représentants de nombreuses assemblées de Gilets jaunes se sont réunis à Commercy dans la Meuse, les 26 et 27 janvier, en Assemblée des assemblées. Tu y étais en tant qu'observateur. Peux-tu nous en parler ?

 

Patrick Farbiaz : Commercy était formidablement bien organisé par les gens sur place. Certains étaient d'anciens militants, d'autres se sont révélés sur les ronds-points, beaucoup sont chômeurs, retraités, précaires: Ils ont mis toute leur énergie dans l'organisation pratique de « l'Assemblée des assemblées ».Preuve que quand le mouvement populaire veut s'organiser, il n’a besoin d'aucun mentor. C'est la première fois depuis le 17 novembre qu'il y a une véritable tentative d'organisation démocratique de construction et la perspective d'une coordination (si on peut l'appeler comme ça) des GJ puisque deux personnes, un homme-une femme par rond- point ou assemblée locale, étaient envoyées en tant que délégués mandatés.

 

Il y avait 75 délégations mandatées plus 20 à 25 délégations non mandatées, ce qui faisait quand même une centaine de·délégations venant de toute la France.


Donc, tout le territoire était couvert. Ce qui veut dire aussi qu'il y a encore énormément de ronds-points où de gens qui ne sont pas venus, ça c'est clair.

 

Ceux qui étaient là estimaient qu'il y en avait assez des gens autoproclamés qui passent-sur les chaînes de télévision ou sur Facebook. Il fallait franchir une étape, pas contre eux d'ailleurs mais déjà se compter, faire un état des lieux.

 

 

« Les gens ont été unanimement d'accord pour dire que, le 5 février, une convergence était possible et souhaitable entre le mouvement syndical et les GJ. »

 

 

Il y a eu un gros débat sur « faut- il faire un appel ou non? », parce que les délégués présents n’étaient pas mandatés pour faire un appel, mais pour dire ce qui se fait sur leur rond-point 'ou dans leur assemblée locale et rendre compte des actions envisagées.Mais l'immense majorité des gens participants a dit qu'elle ne pouvait pas repartir sans un appel clair pour dire un certain nombre de choses.

 

Il y avait des gens qui étaient plus ou moins pour le RIC, d'autres plus ou moins contre, c'était des questions qui étaient en débat et qui ont été citées quand même. Et puis l'autre question, c'était de refuser I’arnaque, « la mascarade » , c'est le nom qu'a donné l'appel de Commercy au grand débat national,organisé par Macron.

 

Enfin, le but était de tracer des perspectives. Parmi ces perspectives, les gens ont été unanimement d'accord pour dire que, le 5 février, Une convergence était possible et souhaitable entre le mouvement syndical et les GJ et qu'il ne fallait pas non plus faire des comités GJ dans les entreprises mais des comités pour que les gens s'organisent à la base pour que leurs actions ne soient pas confisquées pard'autres. Il y avait une exigence de contrôle du mandat et de révocabilité de la personne élue si elle ne le respectait pas ( ... )

 

L’appel s'est conclu sur les deux mots d'ordre:« Macron dérnission» et « Pour le pouvoir au peuple, pour le peuple et par le peuple».

 

 (I) Patrick Farbiaz est aussi l'auteur du livre Les Gilets jaunes.documents et textes, paru aux éditions du Croquant.

 

source: informations ouvrières n°539 du 7/02/2019

 

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